Un oignon sur la table : quand le regard change
Il y a des moments où la création ne naît pas d’une idée brillante, mais d’un déplacement presque imperceptible.
Ce jour-là, après un bon repas, la table n’était pas encore débarrassée. Un morceau d’oignon était resté là, posé simplement, sans intention particulière. Et pourtant, quelque chose s’est passé.
Pour la première fois, j’ai pris mon appareil photo en réglages manuels et semi-manuels, sans chercher à “réussir” une image. J’ai observé la lumière, la texture, les ombres. J’ai ralenti.
Ce n’était plus une photo de nourriture.
C’était une photo d’un reste, d’un instant vécu, d’un fragment de réalité.

Sortir du mode automatique
Pendant longtemps, comme beaucoup, j’ai photographié en mode automatique.
Et j’ai mangé en mode automatique aussi.
Des images déjà vues, des cadres rassurants, des compositions “qui marchent”.
Des plats préparés, des choix alimentaires dictés par l’habitude, la rapidité, les croyances toutes faites.
Le mode automatique n’est pas un problème en soi.
Il est utile, confortable, efficace.
Mais il finit par penser à notre place.
Passer en manuel, ce n’est pas chercher la performance.
C’est accepter de reprendre la responsabilité du regard.
Photographier comme on cuisine
Ce morceau d’oignon n’était pas esthétique au sens classique.
Il n’était pas “instagrammable”.
Il n’était pas mis en scène.
Mais il était vrai.
Comme une recette maison imparfaite, mais sincère.
Comme un plat préparé lentement, sans chercher à imiter ce qu’on voit partout.
Photographier en manuel m’a fait comprendre quelque chose de simple :
👉 la préparation compte autant que le résultat.
👉 l’attention transforme l’ordinaire.
Changer de regard sur l’alimentation
À partir de là, ma manière de voir l’alimentation a évolué.
La préparation n’est plus une contrainte.
L’acquisition des produits n’est plus un automatisme.
Les ingrédients ne sont plus de simples “éléments”, mais des matières vivantes, des formes, des textures, des histoires.
Comme en photographie, il n’y a pas une seule bonne manière de faire.
Il y a des choix.
Et ces choix racontent quelque chose de nous.
Ni dogme, ni perfection
Ce site n’est pas un manifeste contre le mode automatique.
Ni contre les plats préparés.
Ni pour une alimentation idéale.
Il est une invitation à reprendre conscience.
Regarder ce que l’on mange.
Observer comment on prépare.
Se demander pourquoi on cadre ainsi, pourquoi on consomme ainsi.
Un oignon sur une table peut devenir une image.
Un repas simple peut devenir un moment.
Une habitude peut devenir un geste conscient.
Manger. Bouger. Photographier.
Ce sont trois actions ordinaires.
Mais quand on change de regard, elles deviennent des espaces de création.
Ce site est né de ce déplacement-là.
D’un oignon oublié.
D’un appareil réglé autrement.
D’une attention retrouvée.



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